Visites guidées de Berlin et de ses lieux historiques avec WalkBerlin

Checkpoint Charlie

Checkpoint Charlie, le mythe. Tout comme la tour de télévision ou la Porte de Brandebourg, Checkpoint Charlie fait partie des lieux mythiques de Berlin. Toile de fond de films et de romans sur la Guerre froide, comme « Octopussy » de Ian Fleming ou « L’espion, qui venait du froid » de John le Carré, Checkpoint Charlie a bel et bien été un des théâtres de la Guerre froide à Berlin. Après la construction du mur, il était l’un des quelques points de passage vers Berlin-Est et ainsi, un point de rencontre pour journalistes, informateurs et espions à Berlin-Ouest. Aujourd’hui, Checkpoint Charlie est à peine reconnaissable mais demeure un des sites historiques les plus visités à Berlin.

Checkpoint Charlie, Berlin

Point de passage de la frontière germano-allemande

Après la construction du Mur de Berlin en août 1961, la frontière entre Berlin-Ouest et Berlin-Est est d’abord hermétique. Pour les Berlinois en tout cas, mais pas pour les puissances occidentales. Des 81 points de passage, il n’en reste plus que 12 après la construction du mur, puis finalement plus que 7 quelques jours après, réservés aux habitants de Berlin-Ouest, aux citoyens de la RFA et aux étrangers. Dès lors, les Allemands de l’Ouest avaient besoin d’un laissez-passer pour pouvoir se rendre à Berlin-Est.

Même si le mur n’empêchait pas les puissances occidentales de se rendre à Berlin-Est, il représentait tout de même une entorse au statut quadripartite, défini lors de la conférence de Potsdam à l’été 1945. En signe de protestation, les puissances occidentales et le sénat de Berlin ferment tout d’abord les bureaux chargés de réceptionner les demandes d’entrée à Berlin-Est. C’est seulement en 1963, deux ans après, que les autorités négocient un accord de laissez-passer avec la RDA. Pour la première fois depuis la construction du mur, les Berlinois de l’Ouest peuvent déposer une demande pour voir leurs familles à Berlin-Est en décembre 1963.

Les puissances occidentales, elles, conformément aux accords de Potsdam, ont le droit de circuler librement dans tout Berlin. Le mur ne représentait donc pas une entrave à cette liberté. Théoriquement. Suite à la fermeture de la plupart des points de passage intersectoraux, elles doivent cependant se contenter d’une seule entrée vers Berlin-Est dans la Friedrichstraße. Plus pour longtemps. Avec Checkpoint Charlie, construit le 22 septembre 1961, les Américains mettent en place un poste de passage supplémentaire, pour le personnel militaire et diplomatique américain tout d’abord, puis à partir de 1962 pour leurs homologues britanniques, français et pour les touristes étrangers.

D’où vient le nom Charlie ? En 1961, Checkpoint Charlie est le troisième Checkpoint construit entre la RFA et la RDA. Conformément à l’alphabet militaire, après Alpha à Helmstedt à la frontière entre la RFA et la RDA et Bravo à Dreilinden, passage vers Berlin-Ouest depuis la RDA, il reçoit le nom C, c’est-à-dire Charlie. Ce surnom « Charlie » a été repris à Berlin et dans le monde.

Non loin de Checkpoint Charlie, à l’angle de la Friedrichstraße et de la Zimmerstraße, le café Adler accueillait les acteurs de la Guerre froide qui agissaient dans l’ombre. C’est ici que se rencontraient journalistes de l’Ouest, diplomates, espions et dissidents de la RDA. On échangeait des adresses, des contacts, des idées sur l’évolution des événements.

Théâtre des tensions Est-Ouest

Chars américains et soviétiques à Checkpoint Charlie, 27 Octobre 1961 Quelle: de.wikipedia.org
Les chars américains et soviétiques en vis-à-vis. La photo a fait le tour du monde. Ce matin d’octobre 1961, la Friedrichstraße est le théâtre d’une altercation sans précédent : les chars d’assaut américains et soviétiques se font face. Un instant, tous les regards se tournent vers Checkpoint Charlie : la Troisième guerre mondiale n’a jamais été aussi palpable.

Ce 25 octobre 1961, le diplomate américain Allan Lightner voulait se rendre à Berlin-Est en civil. Une situation tout à fait banale, en somme, mais pas dans le Berlin divisé de la Guerre froide. Cette « situation tout à fait banale » risquait en effet de mettre le feu aux poudres à tout instant. Côté Est, la police populaire de la RDA demanda à Lightner ses papiers ce qu’il refusa – en tant que représentant des Alliés, Lightner pouvait passer la frontière sans devoir se soumettre à un contrôle d’identité. Il revint donc un peu plus tard, accompagné par des membres de la police militaire américaine et pût ainsi se rendre à Berlin-Est.

Coup de force. Pour les Américains, il ne fallait pas en rester là. Le 26 octobre, des chars américains de type M-48 et autres blindés occupent la Friedrichstraße côté Ouest. La réponse des Soviétiques ne se fait pas attendre : 33 chars de type T-54 avancent côté Est. Un face à face de 16 heures interminables. Pendant ce temps, le ministre américain de la Justice Robert Kennedy et l’attaché de l’ambassade soviétique à Washington tentent d’apaiser le conflit. Les chars des deux armées vont finalement se retirer petit à petit : mission réussie.

Checkpoint Charlie aujourd’hui – un lieu historique ?

Que reste-t-il du théâtre de la Guerre froide ? Pas grand’ chose. Le dernier Checkpoint Charlie avec les 3 guichets américain, britannique et français a été démonté en juin 1990 ; il est exposé au Musée des Alliés à côté d’un segment du Mur de Berlin. Une réplique du premier Checkpoint se trouve sur l’emplacement original dans la Friedrichstraße.

Et le Café Adler ? C’est de l’histoire ancienne. Fermé depuis 2008, c’est un café de la chaîne berlinoise Einstein-Kaffee qui a ouvert dans les locaux du café légendaire – nouveau point de rencontre des touristes qui affluent à Checkpoint Charlie depuis. En face, de nouveaux snack-bars ont rempli l’ancien no man’s land : burger, pizza, China-box, currywurst et frites ont remplacé la soupe de tomates de l’Adler.

Une attraction touristique. 25 ans après la chute du Mur de Berlin, la Guerre froide est devenue objet de consommation. Fausses casquettes de policiers est-allemands, montres avec la photo de Lénine, casquettes de pilotes russes, faucilles et marteaux sont en vente à chaque coin de rue. Pour un ou deux euros, on peut même se faire prendre en photo avec un acteur déguisé en soldat soviétique ou américain, drapeau en prime.

Checkpoint Charlie reste tout de même un des lieux historiques de la Guerre froide à Berlin à découvrir lors de notre « Tour découverte ». Pour en savoir plus, une exposition en plein-air présente les événements majeurs qui ont eu Checkpoint Charlie pour arrière-plan. Un musée, la Black Box, et une installation artistique, le panorama d’Asisi, présentent l’histoire quotidienne avec le mur.

Photo : Chars américains et soviétiques à Checkpoint Charlie, 27 Octobre 1961 Quelle: de.wikipedia.org

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